Épisode 1/3 : “Et si vous abordiez le mobility management par les objectifs ?“

Notilus vous propose une série de 3 articles sur le mobility management. Vous pensez certainement avoir déjà tout lu sur le sujet. Nous allons tenter de vous surprendre !

Encore un article sur le mobility management ?! Que va-t-il m’apprendre de plus que les quelques dizaines déjà présents sur le web ? Eh bien beaucoup de choses, nous l’espérons ! Le mobility management fait partie de ces buzzwords qui ont agité l’écosystème des mobilités depuis pratiquement 10 ans. Nombreux sont les concepts marketing qui ont fait – ou font encore – rêver les entreprises clientes : end-to-end, door-to-door, machine learning, IA omnisciente et omnipotente, etc. Le mobility management est lui aussi resté longtemps à l’état de chimère même si quelques entreprises en France s’étaient déjà emparées du sujet. Il aura fallu une loi, une crise sanitaire, une crise économique et des prescripteurs internes déterminés pour que les directions des entreprises engagent la transformation de leurs organisations internes. Ce n’est donc pas un article que nous vous proposons, mais une plongée historique, économique, analytique, conjoncturelle et prospective au sein de l’organisation efficiente des mobilités d’affaires !

Efficience ne veut pas dire efficacité !

À ne pas confondre avec l’efficacité qui tend à mesurer l’utilisation optimale des ressources ou l’atteinte d’objectifs prédéfinis, alors que l’efficience mesure le niveau de performance du résultat obtenu en fonction des ressources consommées.

MoulinAVent

 

Le mobility management, une tendance…depuis 9 ans ! 


Mais au fait, cela veut dire quoi exactement  ?

En 2013, l’Association Française du Travel Management (AFTM) faisait figure de précurseurs en consacrant son livre blanc annuel au mobility management. L’ouvrage explique et détaille de quoi il s’agit tout en proposant un modèle d’organisation. Très [trop] en avance sur son temps sans doute même si, quelques-unes des entreprises adhérentes d’alors tentaient de créer une direction mobilité avec un périmètre élargi pour l’époque, mais restreint avec notre regard actuel. D’ailleurs, la couverture du document est elle aussi visionnaire de l’organisation du travail post crise Covid avec quelques années d’avance. Un homme, décontracté, ordinateur portable sur les genoux, travaille en mode nomade et s’affranchit des murs de son entreprise… 

Le mobility management d’alors est une vision réduite des mobilités d’affaires d’aujourd’hui, voire, la définition d’un tout autre périmètre d’activité. Fait connu des plus anciens d’entre nous, le terme fut longtemps utilisé pour évoquer la gestion et le développement de la téléphonie mobile en entreprise. Le concept fut ensuite utilisé pour décrire la gestion de la flotte et du parc automobile de l’entreprise. Comme souvent dans le domaine du business travel et des mobilités plus largement, inspiré par les firmes anglo-saxonnes, les directions renommaient alors leur gestionnaire de parc en mobility manager pour répondre à l’évolution du métier. Dans de nombreuses entreprises, ETI et CAC 40, il n’était alors pas rare qu’un collaborateur – le plus souvent issu de la direction des services généraux – occupait la fonction de mobility manager et gérait à la fois le parc automobile, la flotte des appareils informatiques (ordinateurs portables pour l’essentiel) et de la téléphonie mobile.

Le saviez-vous ?

  • Le Mobility Management Entity (MME) est dans un réseau 4G, l’équipement qui gère la signalisation entre les terminaux et le cœur de réseau mobile.
  • Les Nations Unies ont publié un rapport intitulé : Mobility Management, A guide of international good practices (2020), voir ci-dessous.

Quid de 2022 ? Il n’est pas aisé de trouver une définition unique du mobility management d’aujourd’hui. Les Nations Unies (via sa Commission économique Europe) ont consacré un rapport sur le sujet nommé Mobility Management, A guide of international good practices (datant de 2020). Même si le document ne traite pas exclusivement des mobilités d’affaires, il vise l’efficience des déplacements professionnels, la durabilité, la décongestion des centres urbains, une meilleure utilisation des infrastructures publiques, des modes de vie plus sain et bien sûr une optimisation des coûts. Une définition par les objectifs en somme ! 

Une définition motivée par l’efficience avant tout !

La meilleure des définitions du mobility management est sans doute celle qui poursuit des objectifs et non celles qui visent à résumer le sujet à une organisation interne. Les résultats à atteindre peuvent être :

  • disposer d’une vision totale des mobilités ;
  • mieux comprendre les attentes des collaborateurs, mieux cerner leurs usages ;
  • amener de la rationalité dans l’utilisation des ressources internes (humaines, financières, contractuelles, etc.) ;
  • optimiser les coûts des mobilités ;
  • appliquer aux mobilités d’affaires les actions des ressources humaines en matière de bien-être du collaborateur ;
  • sécuriser tous les déplacements des collaborateurs ;
  • intégrer la stratégie RSE de l’entreprise à toutes les formes de mobilités et agir en faveur d’une réduction des émissions carbones conformément aux engagements pris.

 

Un périmètre à géométrie variable selon les entreprises 

La définition posée, quid du périmètre ? Les directions mobility management tendent aujourd’hui à se ressembler, ce qui n’était pas le cas il y a encore quelques années. À l’image des missions interministérielles au plus haut sommet de l’État, le mobility management est souvent conçu structurellement comme une mission transversale à laquelle les directions de l’entreprise prennent part. Ce modèle d’organisation a d’ailleurs été une des sources laissant croire que les entreprises n’avaient pas anticipé une vision plus large des mobilités de leurs collaborateurs. En effet, si peu étaient les entreprises qui instituaient dans leur organigramme une direction idoine, nombreuses étaient celles qui avaient déjà une vision élargie des mobilités en nommant un responsable chargé de projet. 

Quelle que soit la forme retenue, direction, département, groupe de travail, mission transversale, les entreprises piochent parmi les thématiques suivantes pour composer “leur mobility management”.

 

Le cœur du réacteur du mobility management : 

 

Les thématiques périphériques souvent incluses par les entreprises : 

  • la sécurité des collaborateurs en mobilité ;
  • le M.I.C.E. (Meetings, Congress, Incentive & Exhibitions) ;
  • la prise en compte de la RSE et l’application de la stratégie de l’entreprise aux mobilités des collaborateurs ; 
  • les ressources humaines avec notamment les implications sociales et psychosociales des mobilités, ou encore les enjeux de fidélisation des collaborateurs ; 
  • Sans oublier les mobilités virtuelles qui font leur entrée en force dans la sphère du mobility management à l’ère des mobilités post Covid. Nous y reviendrons.

 

N’oublions pas également tous les sujets “supports” qui soutiennent les mobilités comme les moyens de paiement ou encore les solutions technologiques liées aux mobilités. Cette énumération n’est évidemment pas exhaustive. Comme nous l’annoncions en début de paragraphe, le périmètre est à géométrie variable selon les stratégies adoptées par chacune des entreprises. 

 

 

Quelles sont les fonctions internes concernées ? 

Les fonctions concernées dépendent évidemment du périmètre qui aura été retenu par l’entreprise mais aussi du mode de structuration de son mobility management. Les interlocuteurs ne seront pas les mêmes si l’entreprise fait le choix d’une direction dédiée ou d’un groupe de travail transversal en mode projet. Cela dépend également du niveau de maturité de l’entreprise sur les différents enjeux de la mobilité et du prisme par lequel l’entreprise souhaite organiser ses mobilités. Le groupe mobility management sera forcément très “marqué” en fonction du leader (le travel manager, le fleet manager, etc.).

Si nous appliquons néanmoins une méthodologie mathématique qui consiste à faire une moyenne de ce que nous constatons au sein de nos nombreuses entreprises clientes, nous pouvons citer les directions suivantes : 

  • l’environnement de travail (anciennement nommés les services Généraux) ;
  • la finance ; 
  • les ressources humaines ;
  • les achats travel  ;
  • le travel management ;
  • la sûreté des voyageurs ;
  • les systèmes d’information ;
  • le fleet management ;
  • les achats MICE si la fonction existe.

D’autres fonctions internes peuvent être associées à la gestion du mobility management à l’instar de la direction de la communication qui est ponctuellement sollicitée en fonction des projets de l’entreprise (séminaire, congrès, etc.).

 


À paraître prochainement : “Les motivations des entreprises à adopter une nouvelle stratégie organisationnelle” et “Piloter sa stratégie mobility management au long cours”.

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